Site icon Groupe expert bâtiment France

Apparition soudaine de fissures sur un mur de soutènement 39000 LONS-LE-SAUNIER

Mur de soutènement

Les murs de soutènement présentent des traces d’humidité.

Ils sont faits en agglomérés ciment creux. Un poteau est bien présent parmi les agglomérés ciment creux sous la poutre.

Seulement, le poteau n’est pas placé idéalement sous la poutre mais excentré de 5 à 8cm.

Des fissures apparaissent ainsi que des ruptures de liaisons entre certains agglomérés ciment creux et leurs joints. Ceci témoigne d’une poussée subie par le mur de soutènement.

De plus, le mur de soutènement laisse observer un léger mouvement témoignant de la poussée qu’il subit.

Murs de catégorie 2

Les murs de catégorie 2 sont ceux qui bordent des locaux pour lesquels l’étanchéité de la paroi n’est pas obligatoire et où notamment des infiltrations limitées peuvent être acceptées par le Maître d’Ouvrage.

C’est en général le cas de murs bordant des locaux utilisés comme chaufferie, garage ou cave.

Les murs de catégorie 2 doivent être revêtus, sur leur face extérieure, d’un enduit d’imperméabilisation : de recette ou performanciel, conforme aux spécifications du NF DTU 26.1 relatives aux murs en élévation ; ou en utilisant des mortiers réalisés avec des ciments résistants aux milieux agressifs choisis parmi ceux mentionnés dans le NF DTU 20.1 P1-2.

Ils reçoivent sur cette face deux couches d’un enduit d’imprégnation à froid (EIF) à base de bitume en émulsion ou en solution.

Ces revêtements ne sont pas conçus pour résister à une fissuration de leur support. Ils ne peuvent donc être efficaces que si toutes les dispositions ont été prises au niveau des fondations pour éviter des fissurations des murs sous l’action des tassements différentiels.

NOTE

De tels enduits ne peuvent empêcher eux seuls la pénétration d’eau sous pression.

Dans le cas où un drainage général du projet est prévu en pied de mur enterré en complément des dispositions ci-avant, il doit être prévu un dispositif de drainage vertical relié à ce drainage en pied (nappes à excroissances, murs en éléments creux, géotextiles).

Selon l’EN 1996-1-1

1) Il convient que les murs soumis à la pression latérale des terres avec/sans application de charges verticales, soient conçus selon 5.5.5, 6.1.2, 6.3.1 et 6.3.2, le cas échéant.

NOTE 1 Il convient de ne pas utiliser la résistance à la flexion de la maçonnerie fxk1 pour le calcul des murs soumis à la pression latérale des terres.

NOTE 2 Une méthode simplifiée pour le calcul des murs de soubassement soumis à la pression latérale des terres est donnée dans l’EN 1996-3.

Selon l’EN 1996-3

4.5 Méthode de calcul simplifiée pour les murs de soubassement soumis à la poussée latérale des terres

(1) La méthode simplifiée suivante peut être utilisée pour concevoir des murs de soubassement soumis à la poussée latérale des terres, si les conditions énoncées ci-après sont remplies :

– la hauteur libre du mur de soubassement, h ≤ 2,6 m, et l’épaisseur de mur, t ≥ 200 mm.

– le plancher au-dessus du sous-sol sert de diaphragme et peut supporter les forces résultant de la poussée des terres.

– la charge caractéristique appliquée sur la surface du sol dans la zone d’influence de la poussée des terres sur le mur de soubassement ne dépasse pas 5 kN/m² et aucune charge concentrée appliquée à moins de 1,5 m du mur ne dépasse 15 Kn.

– la surface du sol ne s’élève pas conjointement à l’éloignement du mur et la profondeur de remblai ne dépasse pas la hauteur du mur.

– aucune pression hydrostatique n’agit sur le mur.

– aucun plan de glissement n’est créé, par exemple par une membrane de coupure de capillarité, ou lorsque des mesures visant à résister à l’effort tranchant sont prises.

Le mur de soubassement possède une hauteur supérieure à 2,6m. Ce dernier ne peut donc pas être dimensionné selon les méthodes de calcul simplifiées de l’Eurocode 6.

Étanchéité des murs de soutènement

La nappe de protection à excroissance type DELTA MS posée contre les murs afin d’assurer l’étanchéité des murs de soutènement est mal mise en œuvre. En effet, la nappe de protection doit être fixée au mur et il ne doit pas y avoir de matière entre cette dernière et le remblai. Absence de solin engravé dans l’enduit en partie haute. La pose de la nappe de protection n’est pas conforme et n’assure donc aucunement l’étanchéité des murs de soutènement. Pire, elle canalise l’eau entre elle et le mur.

Le delta MS doit être fixé comme ci-dessous.

Illustration mise en oeuvre idéale

CONCLUSION :

Nous préconisons aux clients de réaliser une déclaration dommage ouvrage. En effet, cette garantie est mobilisable du fait d’une atteinte à la solidité de l’ouvrage et de l’impropriété à destination du fait des potentielles infiltrations dans le sous-sol.

Si la garantie dommage ouvrage n’est pas acquise à la suite de l’expertise de notre confrère, la garantie contractuelle de droit commun reste mobilisable durant l’ensemble de la durée du délai d’épreuve de 10 ans.

Quitter la version mobile